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Mais qu’allait-il faire dans cette galère ?
samedi 29 mars 2014
par Père Michel Henrie

Vous connaissez sans doute cette réplique de la pièce de Molière, Les fourberies de Scapin ? Appliquons-la, pourquoi pas, au Seigneur Jésus, dont notre foi nous dit qu’il est allé jusqu’au bout de l’amour : « Lui qui, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout », jusqu’à l’extrême (Jean 13,1). Et encore : « Ayant souffert jusqu’au bout l’épreuve de la Passion, il peut porter secours à ceux qui subissent l’épreuve » (Hébreux 2,18).

Aux yeux d’une morale du juste milieu, du socialement convenable, c’était et cela demeure pure folie ! Pourra-t-on comprendre un jour complètement ce choix de Dieu dans la personne de son Fils, qui a pris la condition humaine ? La célébration des jours saints de la passion et de la Résurrection du Christ nous appelle à une contemplation et à une mobilisation. Ce qui nous qualifie comme « chrétiens », c’est notre identification à celui qui, de la part du Père, nous a montré le plus grand amour : « ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, c’est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils qui est la victime offerte pour nos péchés » (1 Jean 4,10).

Le pape François déclare : « Toute la vie de Jésus, sa manière d’agir avec les pauvres, ses gestes, sa cohérence, sa générosité quotidienne et simple, et finalement son dévouement total, tout est précieux et parle à notre propre vie. » Et il poursuit –ce qui appelle notre mobilisation de ‘‘disciples-missionnaires’’- : « Chaque fois que quelqu’un se met à le découvrir, il se convainc que c’est cela même dont les autres ont besoin, bien qu’ils ne le reconnaissent pas... » (La joie de l’Évangile, § 265). Quelle réponse donnerons-nous, personnellement, à cette question : Ai-je, oui ou non, peur de contempler le Seigneur jusqu’à devenir missionnaire, ouvert aux autres ?

Avec tous les catholiques de Seine-et-Marne, nous sommes appelés par notre évêque, Mgr Jean-Yves Nahmias, à tisser des liens fraternels plus forts entre nous, pour discerner et mettre en œuvre, à la lumière de l’Esprit-Saint, les signes missionnaires de notre vie chrétienne. C’est pourquoi je vous demande à nouveau, dans ce sens, de susciter des équipes Mission en actes. Oui, si plusieurs d’entre nous ont la simplicité et le courage de proposer une rencontre chez eux, en se basant d’abord sur la méditation d’un passage d’Évangile relatant une rencontre de Jésus, alors, je pourrai me réjouir de la joie pascale !

Dépassant les appréhensions, nous en viendrons à identifier nos propres rencontres avec ceux qui ne se rassemblent pas dans la foi et la prière, puis à parler avec confiance de ces frères et sœurs vers qui Dieu nous envoie ; nous aurons assez d’amour pour les inviter avec nous. « Tous ont le droit de recevoir l’Évangile. Les chrétiens ont le devoir de l’annoncer sans exclure personne... » (Pape François, La joie de l’Évangile, §4).


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