Paroisse de
    Claye Souilly

 
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OUI ! Je me leverai et j’irai vers mon Père
jeudi 24 octobre 2013
par Père Florentin Palangi Mopela

Le 24e dimanche du temps ordinaire C, 15 sept 2013

Mes frères mes sœurs, daignez accepter que je me rapproche de vous en vous désignant tous mes frères mes sœurs. Lorsqu’il y a quelques jours, le père Michel Henrie curé de Claye-Souilly et Vicaire général de Meaux, dont je suis moi-même le vicaire, m’a demandé de présider en son absence la liturgie de ce dimanche, j’étais à la fois embarrassé et honoré par cette offre. Embarrassé je le suis encore en ce moment, où je dois plancher par devant vous pour vous entretenir du mystère chrétien, alors que ce mystère chrétien a rejoint l’Afrique par le pôle européen. Ne connaissant pas vos appréhensions ni vos sensibilités, je me demande bien si je serai à mesure de vous satisfaire spirituellement.

Honoré je crois l’être, car c’est un honneur pour moi, de prendre la parole pour la première fois devant votre auguste assemblée et dans cette imposante Eglise paroissiale Saint Etienne et présider à la liturgie pour notre propre salut. Je crois l’être aussi, pour le temps que je dois passer avec vous et parmi vous, et surtout pour votre dynamisme et votre vivacité chrétienne visiblement remarquable. Eh bien, la parole de Dieu que nous venons d’entendre est riche d’enseignement pour chacun et chacune de nous. Permettez-moi d’en faire un petit commentaire pour nourrir notre méditation de ce jour.

Quel est le problème dans l’Evangile que nous venons d’entendre ?Les pharisiens rouspètent contre Jésus parce qu’il fait bon accueil aux pécheurs et accepte de manger avec eux. En réponse, Jésus raconte 3 paraboles : la brebis perdue, la femme et la pièce d’argent perdue, salaire d’une journée, pour subvenir aux besoins de sa famille. Puis, c’est la parabole de deux fils. Tout commence par une histoire de comportement désordonné et de méconduite spirituel qui nous rend esclaves. Dieu laisse faire les libertés humaines et les forces de la nature y compris en prenant des voies de traverse. Mais quand nous prenons conscience de cet agir indigne qui terni en nous l’image de Dieu et recourons à sa miséricorde infinie, cela ne laisse pas insensible le cœur de Dieu. Quand vient le moment décisif, nous nous levons résolument et nous nous remettons en marche vers lui, sûrs d’être écoutés, compris, pardonnés, sûrs d’être aimés. Nous revenons au Père qui est notre dernier recours.

C’est ce que le fils aîné n’a pas compris. Comment réagit le cœur d’un père pour son fils. Et pour vous aussi, vous le connaissez mieux que moi. Le cœur d’un père pour son fils, d’une mère pour son fils où sa fille, quand bien même il a commis une faute. Le fils aîné n’a rien compris parce qu’il est resté bloqué sur les erreurs et les caprices de son plus jeune frère. Mais c’est curieux l’attitude du père, à lui non plus, il ne fait aucun reproche. Cela fâche, car au plan de la justice humaine, l’aîné a raison de réagir. Son réflexe est compréhensible. Le père n’est pas sur la même longueur d’onde que son fils qui visiblement a un cœur qui ne débouche pas sur la vie. Avec plein d’amour il répond : « Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi ! » Tu as mon amour, tu as tout. En dernier ressort chacun des deux fils a une image faussée de son père. Le plus jeune pense qu’après les erreurs qu’il a faites, son père n’acceptera plus de le reconnaître comme son fils et qu’il doit s’estimer heureux si son père l’accepte alors seulement comme serviteur. L’aîné, lui, s’est comporté toute sa vie en serviteur et non pas comme son fils.

Eh bien mes frères mes sœurs, Jésus nous invite à une vraie révolution des valeurs. Dieu nous aime au-delà de nos péchés. Il ne veut pas la mort du pécheur, mais sa survie. S’il vient à s’intéresser au pécheur, c’est pour le prendre dans ses bras. Dieu nous aime sans condition. Il rêve de ramener à lui chaque personne isolée, perdue, abandonnée. Les trois paraboles montrent la gratuité du pardon, la tendresse de Dieu, son amour inconditionnel et la joie lorsque l’espérance est comblée. Elles nous redisent une fois encore que Dieu est un père plein de miséricorde. C’est le cœur de l’Évangile.

Notre Dieu est un Dieu de miséricorde, un Dieu qui pardonne. La mesure de notre pardon doit être à la mesure de son pardon. Pourquoi pardonner ? Nous pardonnons parce que Dieu nous demande de pardonner. Mais aussi, parce que lui nous pardonne. Et enfin, en pardonnant nous limitons la série des inimitiés et faisons place à l’amour fraternel. De toute façon, la parabole se termine sans que nous sachions si le fils aîné se réconciliera avec son frère. À moi, à vous, à nous tous ici rassemblés d’écrire la fin de la parabole dans le quotidien de notre vie.

N’est-ce pas notre mission en acte ?.


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