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Donner la première place au Christ
dimanche 20 octobre 2013
par Père Florentin Palangi Mopela

La première lecture (Livre de la Sagesse) commence par des questions de la plus haute importance : « Quel homme peut découvrir les intentions de Dieu ? Qui peut comprendre les volontés du Seigneur ? » C’est vrai que Dieu nous dépasse infiniment. Mais il intervient dans notre vie pour nous envoyer sa « Sagesse » : il nous envoie son Esprit Saint. C’est lui l’Esprit qui nous fait adhérer au Christ quand nous sommes rassemblés pour célébrer l’Eucharistie. C’est encore lui qui fera découvrir à Philémon qu’Onésime n’est plus seulement un esclave mais un enfant de Dieu. Et c’est toujours le même Esprit qui nous donne de nous attacher à Jésus comme lui-même s’est attaché au Père.

Dans l’Evangile de ce dimanche, nous entendons des paroles difficiles. Nous constatons un changement radical par rapport à tout ce qui précède. Jusque là, nous avons vu le Christ manifester son attention pour ceux qui souffrent. Il a multiplié les pains pour la foule qui avait faim. Il a guéri ceux qui venaient lui présenter leur situation de détresse. Il a ressuscité la fille de Jaïre et le fils de la veuve de Naïm. Avec lui, c’est la bonne nouvelle annoncée aux petits, aux pauvres et aux exclus.

Bien sûr, Jésus devait être heureux de voir ces foules venir à lui. Il les voyait comme un berger à la recherche de ses brebis. Il se mettait à leur tête pour les conduire aux verts pâturages du Royaume qu’il était venu annoncer. Mais Jésus reste lucide. Il sait que leurs motivations sont intéressées. Il sait aussi qu’une foule peut être versatile. Le dimanche des rameaux, elle chantera : « Hosanna au Fils de David » ; quelques jours plus tard, le vendredi Saint, elle criera : « Crucifie-le ! » Nous le voyons tous les jours : rien n’est acquis une fois pour toutes. Aujourd’hui, l’Evangile vient nous rappeler que Jésus ne cherche pas des admirateurs intéressés mais des disciples. Un vrai disciple c’est quelqu’un qui se met à l’école de son maître ; Il s’efforce de le suivre et de lui être fidèle. Si nous voulons être disciples du Christ, il nous faut entendre les conditions qu’il pose : « Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses frères et sœur et même à sa propre vie, il ne peut être mon disciple. » Ce que Jésus nous demande, il l’a réalisé : il a quitté sa famille, ses amis, son travail, sa situation pour se consacrer à sa mission.

Si nous voulons être fidèles aux exigences de l’Evangile, il nous faut donner la première place au Christ ; il nous faut le préférer à notre télé, notre ordinateur et notre téléphone portable. Il n’est plus question de dire : « Je ne vais pas à la messe parce que j’ai un repas de famille » ou encore : « Mon enfant n’ira pas au catéchisme parce qu’il a des activités sportives… » Le chrétien ne peut accepter que son cœur ne soit occupé que par ses biens matériels ou ses intérêts personnels immédiats ; il doit n’y mettre que Jésus. Il doit lui laisser toute sa place. Il doit toujours désirer faire la volonté de Dieu qui est une volonté d’amour. S’il en est autrement, si son cœur est divisé, il ne peut pas être vraiment son disciple.

Jésus nous a montré l’exemple. Il a renoncé à mener sa barque à sa guise pour se mettre au service du Père. Un jour, il a dit : « Ma nourriture (ce qui me fait vivre) c’est de faire la volonté de mon Père. C’est lui, le premier qui a porté sa croix chaque jour. Il a accepté la fatigue sur les chemins poussiéreux de la Palestine. Il a vécu de longues journées de rencontres. Il s’est trouvé en conflit avec des pharisiens et des chefs religieux qui confondaient droiture et raideur. Et cela s’est terminé par une croix bien plus redoutable, celle du Vendredi Saint.

Voilà ce que Jésus a vécu et voilà ce qu’il nous propose. Cela demande réflexion. C’est une œuvre de longue haleine. C’est un investissement lourd, aussi lourd que la construction d’une tour ; il y aura des résistances à vaincre, des conflits à gérer. Les forces du mal attaqueront le disciple comme elles ont attaqué le Maître. Voilà le contrat : il nous faut bien le lire avant de le signer, surtout les petites lignes en bas.

Mais Jésus ne nous prend pas en traître. Et surtout, il ne nous laisse pas seuls ; ce qui est impossible aux hommes est toujours possible pour Dieu. Il suffit de lui faire confiance car il « a les paroles de la Vie Eternelle ». C’est avec lui et en lui que nous pourrons réussir notre vie et trouver le vrai bonheur. Aujourd’hui, il nous invite à nous asseoir pour calculer la dépense. Mais le bonne nouvelle c’est que Jésus ne nous présente pas une facture ; il nous offre un chèque cadeau : la vie même de Dieu.

Seigneur Jésus, Fils de Dieu, apprends-nous les sentiments de ton Père. Donne-nous de ne jamais oublier ta présence. Alors nous serons heureux d’être aimés tels que nous sommes. Jésus, Fils de Dieu, tu es la joie de nos cœurs. Amen


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