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Noël 2011
dimanche 25 décembre 2011
par Père Boutros Khalil

« Un enfant nous est né, un fils nous a été donné ; l’insigne du pouvoir est sur son épaule ; on proclame son nom : « Merveilleux Conseiller, Dieu fort, Père à jamais, Prince de la Paix ». (Is9, 5)

Chers frères et sœurs,

Joyeux Noël ! En cette nuit de Noël, je vous invite à accueillir la joie qui émane de la crèche. Laissez votre cœur être comblé de joie, parce que cet enfant, nous le croyons, est la réponse au désir de bonheur de toute l’humanité. Il porte en lui la joie, il est la joie du monde.

L’ange du Seigneur va visiter en pleine nuit les bergers et leur annonce une grande joie pour tout le peuple. Et soudain, une troupe céleste, innombrable qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des Cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. » (Lc 2, 14) Je vous invite à recevoir cette joie promise à tous, à tous les hommes sans exception, donc à chacun d’entre nous dans cette église ce soir.

Que la tristesse et ce qui en est la source soit détruite en nos cœurs. La source de la tristesse est l’orgueil. Que l’humilité, la simplicité,et la douceur de Jésus enfant détruise l’orgueil en nos cœurs. Que toute amertume, que toute violence soit arrachée de nos cœurs, et ce qui en est la source, c’est à dire la jalousie et la peur de ne pas être aimé. Que Jésus, révélation de l’amour du Père, guérisse nos cœurs.

Chers frères et sœurs,

L’Enfant Jésus de la crèche est le don de Dieu à l’humanité qui l’attendait. Le Fils de Dieu vient vers nous pour nous dire et nous montrer « cette passion amoureuse de la divinité avec l’humanité » qui s’appelle l’amour.

C’est par amour que Dieu se fait proche de nous, qu’il illumine notre vie. Notre Dieu ne vient pas nous écraser, nous imposer des fardeaux pesants, il vient nous libérer. Il se fait l’un de nous. Il prend le même chemin que nous. Il s’incarne. Il se fait chair.

Le mystère de l’Incarnation est celui d’un Dieu qui se penche vers sa créature blessée, qui l’enveloppe de son amour et qui lui apporte la lumière sur le chemin d’éternité. Demandons que, pour nous, Noël, cette année, laisse des traces d’amour, du pardon et de réconciliation, et essayons d’en laisser autour de nous dans nos visites et nos rencontres

Regardez la crèche. N’est-ce pas une image familière ? Ce divin enfant est né au sein d’une famille unie, un jeune homme, Joseph, une jeune femme, Marie qui ont un enfant, qui le gardent au chaud, qui le présentent aux visiteurs, les bergers d’abord, puis les Rois mages plus tard. Une petite famille qui se remplira des cris et des pleurs de l’enfant. Une famille où Jésus se développera, et apprendra à vivre sa vie d’homme. Une famille qu’il quittera le moment venu pour s’engager dans sa mission avec courage et avec désintéressement, une mission de frère et de serviteur qui donne sa vie pour ses amis. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime », dira Jésus avant de mourir.

La famille est essentielle pour la vie et le bon développement de la personne : l’homme naît et grandit dans le berceau d’amour de la famille, qui est aussi la première cellule de la société. Si la famille est saine, c’est l’ensemble de la société qui en bénéficie. De même, les déchirements en son sein et le manque de considération qui lui est accordée ont des conséquences néfastes sur l’ensemble du corps social.

Noël nous rappelle la valeur unique de la vie humaine, un don de Dieu.

Chaque enfant né ou à naître a une dignité unique et mérite un grand respect, car il est créé à l’image de l’enfant de la crèche. Comme il est douloureux de constater que des millions d’avortements sont commis chaque année dans le monde, à cause de l’égoïsme et de la dureté de cœur, à cause du rejet de la vie qui commence dès les premiers instants de la conception. Et comme il est douloureux de penser aux souffrances de qui commet de telles actions : ce sont des blessures qui détruisent les personnes au plus profond de leur être. Ces personnes ont besoin d’être aidées et de s’en remettre au Dieu de miséricorde.

Nous sommes également attristés par les situations difficiles dans lesquelles grandissent près de 80% des enfants de la planète. Nous pensons aux enfants africains et aux enfants des pays du moyen orient, dont les familles se trouvent en dessous du seuil de pauvreté. En cette nuit, approchons nous du Christ et laissons-nous approcher par le Christ :

• Pour qu’il déverse la charité en nos cœurs et nous guérisse de toute blessure ;

• Pour que nous ayons la grâce de découvrir que Dieu est quelqu’un, et non pas une idée, une morale, une générosité. C’est un enfant emmailloté dans une mangeoire ;

• Pour peut-être qu’il puisse mettre sa vie au fond de nos cœurs, et que nous quittions tout pour vivre autrement avec lui ;

• Pour simplement goûter l’humble joie de sa présence ;

• Pour que nous soit accordé en cette nuit une simplification du cœur.

Chers parents, chers enfants, chers grands-parents, et vous tous chers amis, quelle que soit votre situation de vie, nous rencontrons ce soir un nouveau-né. Ce nouveau-né est un Sauveur qui nous est donné. Les fruits de cette rencontre sont de mettre de la lumière dans nos cœurs, de nous rendre meilleurs et de nous inspirer confiance dans les défis de la vie.

De plus, cette rencontre d’un nouveau-né n’est pas seulement un souvenir. Ce soir, au cours de cette messe, nous le rencontrons réellement toujours vivant et agissant pour nous sauver, pour nous remplir de beauté, de bonté et d’élan.

L’Eucharistie que nous célébrons nous fait vivre une rencontre actuelle avec Celui qui est venu pour la multitude.

Qui que tu sois, tu es aimé de Dieu.


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