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Christ est ressuscité !
dimanche 24 avril 2011
par Père Boutros Khalil

Chers frères et sœurs !

Il faut donner à cette annonce, en cette Nuit, tout l’éclat possible. Elle doit être, si jamais, véritablement proclamée. On ne peut que se réjouir des réussites où l’évangile est chanté accompagné d’instruments et, à chaque verset plus marquant, interrompu par des Alléluia ou par le cri joyeux : Christ est ressuscité !

Chers frères et sœurs !

La découverte du tombeau vide a été préparée par les deux épisodes précédents : •les femmes ont assisté à l’ensevelissement de Jésus et pourront donc témoigner qu’il a bien été déposé en cet endroit (Mt 27,59-61) : Prenant le corps, Joseph l’enveloppa dans une pièce de lin pur et le déposa dans le tombeau tout neuf qu’il s’était fait creuser dans le rocher ; puis il roula une grosse pierre à l’entrée du tombeau et s’en alla. Cependant Marie de Magdala et l’autre Marie étaient là, assises en face du sépulcre.

•des gardes sont postés devant le tombeau pour éviter qu’on ne dérobe le corps et qu’on ne forge la rumeur d’une résurrection (27,62-66) :

Le dimanche, ce troisième jour sera donc le premier jour de la semaine. Ce jour débute une semaine qui est celle de la nouvelle création. Ce sera pour les chrétiens le Jour du Seigneur -en latin dies dominicus qui est devenu en français par contraction : dimanche- où ils se réuniront pour faire mémoire de la résurrection de Jésus. Le dimanche, les femmes viennent pour voir le crucifié, celui qu’elles ont aimé et qui leur a été enlevé : Vous cherchez Jésus le crucifié... Elles viennent comme on le fait au lendemain de l’enterrement d’un être cher : par besoin de terminer le deuil. Elles seront invitées à voir le lieu où il a été déposé mais où il n’est plus. Que signifie cette disparition ?

Jésus le ressuscité est quelqu’un qui est passé de l’autre côté de la vie terrestre et que les humains terrestres ne peuvent voir par eux-mêmes. Il faudra qu’Il se donne à voir, se fasse voir lui-même. Paul le dira fort bien aux Corinthiens : Je vous rappelle, frères, l’Evangile que je vous ai annoncé Christ est mort. ... Il a été enseveli, il est ressuscité le troisième jour. ... Il est apparu à Céphas, puis aux Douze. Ensuite, il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois. ... Ensuite, il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres. En tout dernier lieu, il m’est aussi apparu, à moi l’avorton (1 Co 15,1-9).

C’est donc Jésus lui-même qui s’imposera à ses disciples comme vivant désormais d’une vie nouvelle, par delà la mort. Plutôt que d’apparitions, nous devrions plutôt parler de manifestations du Ressuscité. Ce sont ces manifestations qui donneront aux disciples de Jésus la véritable réponse à leur interrogation : pourquoi le tombeau est-il vide ? Cette réponse n’est donc pas le fruit de la réflexion des disciples mais quelque chose qui leur est révélé par Dieu lui-même. Dans la Bible, l’expression Ange (messager) du Seigneur, désigne le plus souvent l’intervention de Dieu lui-même : L’ange du Seigneur apparut [à Moïse] dans une flamme de feu, du milieu du buisson (Ex 3,2). Ici le messager est lumière et blancheur, signes de la divinité, comme, en Daniel, dans la description de l’Ancien qui représente Dieu (Dn 7,9) L’image du messager de Dieu assit sur la pierre roulée -qui ne ferme plus le tombeau- illustre cette puissance de Dieu qui est vainqueur de la mort.

Ne craignez pas !

Comme devant toute manifestation de l’Éternel, la réaction humaine est la crainte. Au contraire, ceux qui accueillent cette manifestation divine verront leur crainte se transformer en joie.

Voici que Jésus vient à leur rencontre et leur dit : « La joie soit avec vous. » Faire l’expérience que Jésus est vivant : voilà ce que vont faire les femmes, et ensuite les Onze, puis de nombreux disciples et enfin Paul lui-même. Cette joie n’est pas seulement le fait de retrouver le Maître que l’on aime. Elle est bien plus le fruit d’expérimenter que désormais la mort et le mal ne sont plus maîtres de l’humanité, que chaque être humain peut ne plus être dominé par le mal. La résurrection n’est pas la simple réanimation d’un cadavre qui serait encore destiné à une nouvelle mort. Dans le Ressuscité nous contemplons la plénitude d’une vie humaine qui a vécu sa mort comme un acte parfait d’amour et que l’amour divin a ramené à la vie pour toujours. Le Ressuscité est l’être humain pleinement spirituel et dont le corps est parfaitement ’spiritualisé’. Il est-en plénitude- en communion avec le Père et avec tout être humain qui l’accueille. À travers l’accablement de la croix et la mise en terre (comme le grain de blé), c’est le Fils de l’homme qui est mis au monde divin pour l’éternité. C’est ce dont les apôtres vont témoigner : Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus que vous aviez exécuté en le pendant au bois. C’est lui que Dieu a exalté par sa droite comme Chef et Sauveur, pour donner à Israël la conversion et le pardon des péchés. Nous sommes témoins de ces événements, nous et l’Esprit Saint (Ac 5,30-32).

Le pardon des fautes est le don d’amour que peut faire Jésus le Ressuscité, lui dont le coeur est parfait en amour. Dans la communion avec Jésus le Ressuscité, chacun de nous les baptisés pourra trouver la guérison de son coeur. Chacun de nous pourra marcher à la suite de Jésus Ressuscité pour lui aussi vivre en plénitude de bonté, et -au delà de la mort- être ramené à la vie pour toujours. La résurrection de Jésus ne le concerne pas lui seul ; elle concerne chacun de ceux qui mettent leur foi en lui. Dans la mesure où nous laissons couler en nous la force de son amour, nous apprenons à vivre et aimer comme lui, à sa manière : de bonté généreuse. Notre lien vital avec Jésus le Ressuscité nous transforme intérieurement. Et cette transformation aura une répercussion sur notre conduite quotidienne et sur notre engagement dans ce monde. Un chrétien ne saurait vouloir construire le monde sur d’autres valeurs que celle de la bonté et du pardon, fruits et gages de la résurrection. Et cela, y compris dans les moments les plus tragiques où la haine déferle sur le monde. Allez annoncer à mes frères de s’en aller en Galilée. C’est là qu’ils me verront. Le message principal de cette manifestation du Christ Ressuscité se trouve dans l’envoi, dans la mission. Les femmes sont envoyées aux disciples, les disciples envoyés en Galilée. Pourquoi la Galilée ? La Galilée était appelée la ’terre des nations’. En effet, des gens d’ethnies différentes y vivaient. Cette province juive était donc faite de Juifs mais aussi de païens. C’est de la Galilée que l’annonce de l’Évangile du Christ Ressuscité partira pour se répandre dans toutes les nations : Allez donc : de toutes les nations faites des disciples ... leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps (Mt 28,19-20). Voilà tracée la mission de chacun de nous les chrétiens : faire de tous les humains des êtres engendrés à la vie divine par le message et l’esprit de Jésus, le fils premier-né du Père ; et établir sur cette terre une communauté vivante et fraternelle qui soit témoin de la présence de Jésus et de son action de ressuscité.

Chers frères et sœurs !

Avec sœur Emmanuel je conclus : la résurrection est l’entrée dans cette lumière qu’on appelle « le ciel »- une lumière où des milliards d’hommes ont déjà pénétré et vers laquelle nous allons.


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