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Fête du Christ Roi ( 3ème dimanche de novembre )
lundi 22 novembre 2010
par Père Boutros Khalil

" l’Amour préférentiel pour les pauvres"

Chers frères et sœurs !

Aujourd’hui, nous sommes au terme de l’année liturgique. Elle culmine dans la fête du Christ-Roi, Seigneur de l’univers. Le Christ nous a donné pour devise ces paroles-mêmes du Notre Père : « Que ton règne vienne ». La royauté du Christ, c’est celle même de Dieu, c’est la venue de son Royaume, que Jésus trace en paroles et en gestes de tendresse et d’une extrême humilité, comme pour nous les apprendre plus facilement.

Aujourd’hui C’est aussi pour la France la journée du Secours Catholique. Cette association à but non lucratif a été créée en 1946 par l’abbé Jean Rodhain. Le Secours catholique est surtout attentif aux problèmes de pauvreté et d’exclusion et cherche à promouvoir la justice sociale. Cette journée vient nous rappeler que le Christ n’est pas un roi à la manière des grands de ce monde qui font peser leur pouvoir sur leurs sujets. Il est un roi serviteur, « doux et humble de cœur ».

Les textes de la liturgie dressent de cette royauté une fresque impressionnante. Chacune des lectures souligne la place centrale du Christ. Il est le messie, l’homme qui reçoit l’onction, selon la première lecture ; dans l’hymne de l’épitre aux Colossiens, il est l’unique Seigneur de l’univers entier, devant qui nous sommes tous frères ; dans l’évangile, il est le roi d’humilité qui se souvient du pécheur dont il porte les souffrances.

Parler de Royaume, c’est emprunter au langage humain une image, une parabole, pour souligner le caractère communautaire du Salut. La Bible utilise d’autres images qui complètent celle du Royaume : famille des enfants de Dieu, troupeau du Bon pasteur. C’est à chacun de nous qu’il revient de faire de notre monde, de cette mosaïque de cultures, une fraternité des peuples pour que disparaissent ces causes permanentes de violences et de haine que sont l’injustice, la misère, la domination ou l’exploitation, l’indifférence ou l’exclusion. Face à toutes ces injustices et ces violences, l’Esprit suscite au cœur de bien des jeunes aujourd’hui le rêve de bâtir un monde différent. Ce monde différent est déjà présent parmi nous et c’est à nous, les croyants, qu’il revient de nouer, chacun dans son immeuble, dans son village ou dans son quartier, des relations de connaissance, d’estime, d’entraide, qui fassent de nous des signes de l’amour du Christ.

Pour donner sens à notre vie, il faut en fixer le but, et ce but n’est autre que le visage du Christ, du Christ vainqueur du Mal et de la Mort, du Christ, Roi de l’univers. Mais où contempler ce visage du Christ ? Où rencontrer le visage du Christ pour orienter vers lui notre existence ?

- Le Christ est présent dans sa Parole, dans les sacrements et en particulier dans l’Eucharistie. C’est pour le rencontrer que nous nous réunissons chaque dimanche autour de ce sacrement et que nous écoutons ensemble sa Parole.

- Il est présent dans son Eglise, c’est-à-dire dans la communauté des croyants, de ceux qui se réunissent en son nom, dans ces deux ou trois qui partagent la même foi et s’efforcent de partager la même prière, la même entraide, le même amour des autres.

- Il est présent en tout homme avec qui je tisse un lien d’amour, avec qui je partage ne serait-ce qu’un verre d’eau, une visite à l’hôpital ou en prison. IL est présent aussi et surtout dans les pauvres, les petits, les démunis, tous ceux qui souffrent.

C’est dans cet esprit que le Secours Catholique nous invite à célébrer la royauté du Christ serviteur, dans toutes les communautés, à l’occasion de sa journée nationale. Cette année c’est l’enjeu des ressources des pauvres qui est mis en relief. C’set le point central du rapport statistique publié récemment. C’est le thème des affiches qu’on peut voir dans l’espace public, les medias et les lieux de cultes. Les chrétiens sont appelés à une vigilance fraternelle, d’abord pour « voir » ces personnes qui portent des croix très lourdes, puis pour participer, chacun à sa mesure, à la nécessaire solidarité humaine et chrétienne. Le plus important est d’établir des relations de proximité. Le Royaume de Dieu est à cette mesure, de la proximité infinie de Dieu, et de la fraternité qu’il instaure

Chers frères et sœurs !

En ce jour de fête, nous nous tournons vers la croix et nous supplions le Seigneur : Souviens-toi de nous dans ton Royaume. Souviens-toi des blessés de la vie, des victimes de la précarité et des famines. Souviens-toi de ceux et celles qui ont tout perdu dans les guerres et les catastrophes en Haïti, en Irak, au Pakistan et ailleurs. C’est auprès d’eux que tu nous attends. Nous venons à toi. Ensemble, nous voulons être témoins de l’espérance et de l’amour. Et nous avons la ferme espérance qu’un jour, tu nous répondras : « Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le Paradis ».

Amen.


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