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Noël, fête de la lumière.
jeudi 24 décembre 2009
par Père Boutros Khalil

Chers frères et sœurs !

Noël, fête de la lumière. En cette nuit d’hiver (ce jour) où nous célébrons la naissance de Jésus, Le Fils du Dieu vivant, nous sommes invités à méditer sur cette merveilleuse bonté de Dieu envers son peuple.

Lumière pour le peuple que nous sommes, lumière que nous accueillons dans notre famille, dans ce monde, lumière qui vient éclairer notre route et nous montre le chemin. Lumière pour vous les enfants : Jésus est ce bébé qui naît dans une étable et dont la mangeoire sert de berceau. C’est une histoire merveilleuse qui vous apporte la joie et le bonheur.

Lumière pour vous les jeunes : à douze ans Jésus est cet adolescent de Nazareth qui est né à Bethléem et qui à 12 ans s’est rendu au temple (la maison de son Père) pour prier et qui a voulu faire l’expérience de la liberté. Lumière pour vous, les jeunes, il est la bonne nouvelle qui vient illuminer vos vie et vient témoigner de sa confiance et de sa paix, lorsque la vie ressemble à des sables mouvants.

Lumière enfin pour nous les adultes, Jésus est à la fois cet homme de Nazareth qui naît à Bethléem et ce Fils de Dieu qui se donne tout entier dans la mort sur la croix et dont son Père nous ouvre la brèche de la résurrection : victoire de la vie sur la mort, symbole de tous nos passages.

Lumière vivante au cœur de nos vies semées d’ombres et de clarté, parsemées d’obstacles en ces temps difficiles de récession économique. Accueillir cette lumière de vie et de joie, c’est se laisser transformer de l’intérieur afin de changer notre cœur pour vivre nos relations humaines sous le signe de la fraternité et de l’unité.

Chers frères et sœurs !

Nous faisons nôtres la joie et le sourire qui relèguent, ne serait-ce qu’un moment, les soucis et les peines, la lutte et les souffrances. C’est Noël !

Noël est la fête la plus populaire. C’est aussi la fête la plus joyeusement célébrée, et de bien des manières. On a beau répéter que la dimension commerciale a progressivement chassé la foi, que l’histoire a rendu, la monnaie de sa pièce à l’Église qui, pour célébrer la naissance de Jésus de Nazareth, a, en quelque sorte, baptisé une fête païenne.

Ni la crise ni les menaces de guerre n’empêcheront que Noël soit une fête de l’espérance. Il flotte dans l’air comme une nostalgie de paix et de fraternité. C’est l’occasion d’une rencontre entre amis, d’un échange de cadeaux, ou de se retrouver en famille. Au niveau des Etats, on voit des frères ennemis s’adresser des vœux pacifiques et même les faucons échangent des messages de paix. Il arrive même que Noël fasse taire des armes quelques heures… Un moment de trêve…

Beaucoup d’hommes et de femmes se retrouvent chrétiens, les églises se remplissent. On retrouve la crèche qui provoque le frisson romantique de l’enfance retrouvée pour un soir.

Mais il y a plus. La fête liturgique nous permet de retrouver la source profonde, le motif et le sens de la fête. Nous ne pouvons pas nous contenter de réveiller un beau souvenir. C’est Jésus Christ qu’il nous faut accueillir aujourd’hui. Le mettre au monde. Non seulement croire à la Nativité, mais la réaliser.

Aujourd’hui, nous glorifions à nouveau l’Enfant divin né à Bethléem. "Dieu est avec nous – s’exclame la Sainte Eglise – les hommes marchant dans les ténèbres ont vu une grande lumière ; vous qui viviez dans la contrée et à l’ombre de la mort, la lumière a brillé sur vous ; car un Enfant nous est né, un Fils nous est donné, car Dieu est avec nous". Descendu des cieux, le Seigneur S’est révélé aux hommes, pour guérir les maladies et imperfections humaines, pour illuminer les âmes enténébrées par le péché par sa lumière, sans déclin et donner la vie éternelle dans le Royaume Céleste !

Nous, chrétiens, croyons et savons : la venue du Christ Sauveur dans le monde a fondamentalement changé la vie humaine et notre nature même. L’espérance d’un avenir change la façon de voir la vie quand on souffre et que l’on est dans le malheur. Nous ne sommes plus esclaves du péché, mais nous sommes des serviteurs libres de Dieu. Nous ne craignons plus les tempêtes de l’océan de la vie, car nous avons un havre espéré dans le Royaume du Christ. Nous ne sommes plus seuls en ce monde, car Dieu est avec nous, qui tend sa main pour nous venir en aide. Que devons-nous fêter ? La révélation de l’amour et de la bonté de Dieu, l’accueil d’une bonne nouvelle de quelqu’un qui peut nous libérer, nous sauver, nous apprendre à aimer, nous transformer en un peuple ardent à faire le bien.

Fêter Noël, c’est nous souvenir et croire activement que nous sommes porteurs de lumière et d’espérance au creux des horreurs de ce monde. Faire naître et rayonner Jésus, c’est témoigner que nous sommes vraiment des artisans de paix, des hommes et des femmes capables de pardonner, de se réconcilier, d’être solidaires à la manière du Christ.

Bien sûr, nous ne sommes pas responsables de tout. Bien sûr, on ne peut pas grande chose, mais chacun est responsable du peu qu’il peut entreprendre là où il est. Et, comme le disait Raymond Devos, "Rien c’est rien, mais un petit rien c’est déjà quelque chose".

La véritable fête de Noël, la plus belle, la plus concrète, la plus efficace pour nous et pour le monde, c’est que Jésus naisse en chacun de nous dans la foi et dans l’amour. Nous devons pour cela nous faire un cœur de pauvres, conscients de notre misère et de nos limites, avides de vérité et de lumière, ouverts aux autres et désireux de leur porter ces mêmes bienfaits en leur révélant le Christ. Il ne s’agit pas pour cela d’être riches et forts, bien portants, majestueux et tout puissants. Il nous suffit d’aimer un peu plus, un peu mieux, de servir davantage, là où nous sommes, sans attendre des visions ou des miracles. Il nous faut, comme le Christ, nous rapprocher des pauvres, lutter pour plus de justice.

Chers frères et sœurs !

Avec les jeunes Haïtiens je termine par ce poème :

Si Noël c’est la paix, la paix doit passer par nos mains.

Si Noël c’est la lumière, Dieu la met dans nos cœurs pour la porter aux autres.

Si Noël c’est la justice, nous devons en être les instruments.

Si Noël c’est l’espérance, elle doit briller dans nos yeux.

Si Noël c’est la joie, elle doit nous aider à comprendre la souffrance des autres.

Si Noël c’est la liberté, elle doit nous porter au respect.

Si Noël c’est la vérité elle doit faire partie de notre vie. A l’occasion de la Fête de la Nativité du Christ ! Dieu est avec nous – suivons donc son enseignement sur le chemin du Royaume Eternel ! Que le Seigneur envoie la paix et la lumière, la justice et l’espérance, la joie, la liberté et la vérité à tous les hommes.

( en logo, crèche de Charny )


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