Paroisse de
    Claye Souilly

 
Accueil du site >  Homélies
La veuve dans la Bible (32ème Dim. Ord. de l’année B)
dimanche 8 novembre 2009
par Père Boutros Khalil

Chers frères et sœurs !

Permettez-moi de commencer par une anecdote rapportée par nos amis du Québec. À l’époque où un maxi cornet de crème glacée ne coûtait pas cher, un petit garçon de 10 ans entre dans le café d’un hôtel et, s’assoit à une table. Une serveuse s’approche. C’est combien pour un maxi cornet de crème glace ? demande-t-il. Cinquante cents, répond la serveuse. Le petit garçon sort la main de sa poche et se met à compter la monnaie qu’elle contient. Bien… Combien pour un simple plat de crème glacée ? demande-t-il à nouveau. Et pendant ce temps-là, les clients attendent pour une table et la serveuse commence à perdre patience… 35 cents, répond-elle sèchement. Je vais prendre le plat de crème glacée, dit-il finalement. La serveuse lui apporte sa crème glacée, dépose l’addition sur la table et s’en retourne. L’enfant déguste sa crème glacée, paie à la caisse et s’en va. Mais lorsque la serveuse revient, pour nettoyer la table, les larmes brusquement lui montent aux yeux. Bien placés à côté du plat vide, elle voit 15 cents. Le petit garçon ne pouvait pas prendre le maxi cornet, pour la simple raison qu’il ne lui restait pas suffisamment de monnaie pour lui laisser un pourboire !

Chers frères et sœurs !

Qu’est-ce que je donne et à qui ? C’est sur les dons que l’Eglise en ce dimanche attire notre attention. Reconnaissons qu’aujourd’hui nous ne sommes guère privés d’appels à donner avec de nombreuses intentions notifiées. Combien d’associations humanitaires nous sollicitent ! Si parmi elles en existent qui ont bien besoin d’être satisfaites, nous savons hélas que des appels à notre générosité ne servent parfois qu’à enrichir les organisateurs d’associations au titre séduisant. Résultat ? La fermeture du porte-monnaie, ouvert alors que pour les besoins personnels.

Le don fait par la pauvre veuve de l’Évangile semblait bien dérisoire à côté des flots d’or des riches donateurs. Mais elle se moque, de ce que pèsent ses piécettes. Elle aime Dieu. Elle aime ce Temple où Il vit au milieu de son peuple depuis des siècles. Elle respecte ses prêtres et ses scribes qui lui parlent de Lui. Et c’est son tout, c’est son cœur qu’elle met dans le tronc, sans compter, quand les autres se contentent d’y poser le bout du doigt.

Quant à la veuve de Sarepta à laquelle est envoyée le prophète Elie, elle est encore plus émouvante si possible. Elle n’a plus rien à manger, et son enfant va mourir. « Sors me chercher de l’eau » lui dit le prophète. Et elle va chercher de l’eau tout simplement avec tout l’amour de son cœur. Quand elle revient. Élie continue : « Apporte-moi encore un petit morceau de pain ! » L’épreuve est pour elle que ce petit pain ne sera pas pour son enfant, pour qu’il vive encore un petit peu. Comme la pauvresse du Temple qui met ces deux piécettes dans le tronc, elle donne tout.

Les deux veuves de la 1ère lecture et de l’Evangile se rejoignent. Elles donnent tout sans réserve. Elles se privent pour enrichir un autre. Elles se sacrifient, elles acceptent de mourir pour que vivent d’autres. C’est là la vraie charité, elle qui coûte vraiment. Savoir donner en souffrant et souffrir en donnant. Leur geste a ceci de théologique que cela rejoint même l’attitude de Dieu. Dieu qui donne tout à l’homme. Il ne réserve rien pour lui même. Ce qui compte ce n’est pas ce qu’on donne mais la manière de donner. Dieu ne regarde pas la main ou le doigt qui donne mais le coeur qui donne. Et tout ce qu’on n’a pas donné de bon coeur est perdu. Cela pose aussi la question de nos offrandes et quêtes à l’Eglise. Jésus est là qui nous regarde faire……Ayons conscience de cela Cela me fait penser à une autre veuve, Marie, au pied de la Croix qui offre le fruit de toute sa vie. Et l’admiration de Jésus pour ces femmes vient de ce qu’Il est justement celui qui livre sa vie, après avoir été dépouillé de ses vêtements, donné sa mère et son disciple. « Lui qui était dans la condition de Dieu, n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu ; mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. » (Philippiens 2, 6-7.)

Chers frères et sœurs !

Le quotidien de nos vies est souvent difficile. Nous savons que le travail est lourd, que nous sommes surchargés, qu’en accompagnant la souffrance, nous devons porter la nôtre. Chacun de nous connaît des situations difficiles en famille, en foyer ou en Église. Comment se comporter dans ces moments difficiles ? « Elle a tout donné, tout ce qu’elle avait pour vivre ». Être uni à Dieu dans l’amour et l’espérance, c’est, aux moments difficiles, répondre à qui nous demande un service. Ne dites jamais que vous vous sentez trop pauvres pour faire du bien, trop maladroits pour être aimables, trop timides pour aller vers eux, trop nuls pour leur proposer vos services. Vous avez tort. Donnez avec ce que vous êtes avec ce que vous avez. A trop attendre d’être un type formidable ou une femme extra, vous risqueriez bien de mourir sans avoir rien fait.

Père Boutros Khalil.


Répondre à cet article