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Travail le dimanche, après quoi courons-nous ?
samedi 28 février 2009

Il ne faut pas s’étonner de voir une société se déliter quand on lui propose comme seul horizon de gagner plus et de consommer plus.

Le débat sur le dimanche a mis à jour les différences profondes de conception de la vie en société. Beaucoup d’arguments ont été avancés pour défendre un projet qui a connu de nombreuses variantes. On nous a parlé de liberté, de travail dominical ne devant se réaliser que sur la base du volontariat. Mais n’est-il pas évident qu’avec les plus jeunes, ce sont les personnes les plus en difficulté qui travailleront le dimanche ? Loin de protéger les plus fragiles, une telle disposition risque d’instaurer une inégalité entre les foyers : ceux qui gagnent suffisamment bien leur vie pour refuser de travailler le dimanche et ceux qui n’auront pas d’autre choix que de l’accepter.

Plus encore, une telle disposition contribue à faire croire que l’avenir de notre société, le bonheur de chacun, passe par un meilleur pouvoir d’achat. Mais où est le progrès à travailler le dimanche pour consommer le dimanche suivant ? Sans parler des conséquences pour ce qui reste à la base de toute vie en société : la famille.

Si on ne peut que se réjouir de voir remise à l’honneur la valeur du travail, elle ne peut être déconnectée de sa finalité. En fait, après quoi courons-nous ? Gagner plus doit-il devenir le principal objectif de l’existence ?

Il n’est certes pas facile d’être un responsable politique aujourd’hui. Mais ce que l’on attend, c’est qu’il ne situe pas son action sur le seul registre du pouvoir d’achat. Il ne faut s’étonner de voir une société se déliter peu à peu quand on ne lui propose comme seul horizon de gagner plus et de consommer plus. Pour comprendre que les attentes de nos contemporains, et donc la viabilité du vivre ensemble, touchent à des zones bien plus profondes, il faut savoir s’arrêter de temps en temps…

François Boëdec ( Jésuite ) Revue Croire Aujourd’hui ( février 2009 )


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