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De la résistance à la dissidence.
lundi 26 janvier 2009

Le rétroviseur n’est pas le miroir du chrétien. L’ampleur des ruptures en cours est telle qu’il serait vain de se constituer en forteresse. Mais cultiver l’art de vivre évangélique est une dissidence riche d’espérance.

En ce début d’année, que se souhaiter, si ce n’est le vrai bonheur ?

Il y faut plus que jamais un sacré courage. Alors qu’un tsunami permanent de mauvaises nouvelles semble traverser, comme un flux continu, notre existence, c’est bien notre vocation de baptisés qui se trouve mise à l’épreuve. Avec une croisée de chemins à choisir, entre résistance et dissidence, vers l’espérance.

La tentation de la résistance est assurément présente : autrefois, tout pouvait paraître si simple ! Gardons nous de cette illusion. Le rétroviseur n’est pas le miroir du chrétien. En outre, l’ampleur des ruptures en cours est telle (économiques, sociales, financières, éthiques, politiques, écologiques, etc. ) qu’il serait vain de se constituer en forteresse, à forger des armures toujours en retard d’une époque.

En revanche, cultiver l’art de vivre évangélique, à la suite du Christ, au sein même des nouvelles évolutions, apparaît comme une dissidence riche d’espérance, pour l’Eglise et pour le monde. Construire les réparations plutôt que favoriser les séparations fera du bien à tous les couples. Donner du sens aux relations professionnelles, infléchir les choix éthiques en faveur du plus faible, cultiver des espaces de silence attentifs à la Parole, désamorcer les semences de violence, refuser les fausses tolérances propices aux exclusions, cultiver la raison face aux émotions toutes-puissantes, la confiance face à la défiance et au cynisme , hausser l’homme plus haut que l’argent, ne pas s’en tenir aux exigences du court terme pour garder un œil sur l’horizon de la paix et de la justice…

Pas à pas, un autre paysage peut ainsi s’ouvrir et nous faire avancer. Celui d’un nouveau monde à venir, qui aura un petit goût de printemps bien revigorant après l’hiver qui s’annonce. On appelle cela le goût du Royaume à venir…

Frédéric Mounier

Revue Croire Aujourd’hui ( janvier 2009 )


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