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2ème Dimanche de l’Avent
samedi 6 décembre 2008
par Père Boutros Khalil

de Jean Compazieu, prêtre de l’Aveyron (07/12/2008)

Les trois lectures de ce 2ème dimanche de l’Avent sont une bonne nouvelle. Celle-ci rejoint les communautés de croyants de l’époque mais aussi celles d’aujourd’hui. Pour comprendre ces textes, il faut savoir qu’ils ont été écrits en des périodes où la situation était dramatique. Nous avons d’abord l’un des plus beaux passages du livre d’Isaïe. Il a été écrit pour un peuple qui a tout perdu, y compris sa liberté. Israël a été déporté en exil. Il a fait l’expérience de l’abandon. Il a connu la souffrance et l’humiliation. Or voilà que Cyrus annonce aux exilés qu’ils vont pouvoir rentrer chez eux. Le prophète relit cet événement dans la foi. A ses yeux c’est le signe que Dieu a pardonné. Il n’a pas abandonné son peuple. Il est comme un père qui profiterait de n’importe quel prétexte pour rassurer et pardonner. Nous avons entendu des paroles fortes et émouvantes : « N’aie pas peur de parler, élève la voix. Tu vois bien, je suis là, tu es pardonnée. » Dieu se présente comme un berger qui rassemble son troupeau et le conduit.

Cette bonne nouvelle est annoncée aujourd’hui dans toutes les églises du monde. Elle nous dit qui est Dieu pour nous : Un Dieu plein d’amour qui tient à chacun de nous comme à son bien le plus précieux. Sa tendresse est notre consolation et elle nous est toujours offerte. C’est de cette bonne nouvelle que nous avons à témoigner auprès de tous ceux qui souffrent et désespèrent. L’important n’est pas de parler à l’intelligence mais au cœur. Nous vivons dans un monde qui vit dans une ambiance de morosité. Les pauvres et les exclus deviennent de plus en plus nombreux. Comment faire pour que cette bonne nouvelle se réalise ?

C’est Jean Baptiste qui nous donne la réponse dans l’évangile de Marc. Aujourd’hui, nous en avons entendu le début : il nous est présenté comme le « commencement de la bonne nouvelle de Jésus Christ Fils de Dieu. » Lui aussi s’adresse à un peuple découragé car il souffre de l’occupation romaine. Et quand Marc écrit son évangile pour des chrétiens persécutés, beaucoup se demandent si Dieu ne les a pas abandonnés. Voilà donc une question qui revient régulièrement et qui nous rejoint un jour ou l’autre.

Le message de Marc se résume en peu de mots : Non, le Seigneur ne nous a pas abandonnés. Il vient et il nous faut lui préparer le chemin. Il ne dit pas que nous allons à lui car par nos seuls moyens nous en sommes bien incapables. C’est lui qui fait sans cesse le premier pas vers nous et qui prend l’initiative de venir à notre rencontre. Il vient nous révéler notre dignité. Avec Jésus, il est fini le temps des prophètes. Désormais, Dieu lui-même est avec nous. La condition indispensable pour qu’il puisse librement venir jusqu’à nous, c’est que nous lui préparions le chemin.

Voilà l’appel que Jean Baptiste adressait à ceux qui venaient à lui. Il les invitait à se purifier de leurs péchés. Et pour cela, il leur proposait un baptême de pénitence. Ce n’était pas le baptême chrétien mais un geste qui montrait que l’on voulait se purifier pour être prêts à accueillir Celui qui devait venir. Ce geste extérieur voulait être un signe de conversion intérieure. Aujourd’hui encore, nous entendons cet appel à nous convertir. Ce temps de l’Avent est là pour nous y aider. Nous le voyons bien : Tant de choses encombrent nos existences. Tant d’obligations et de contraintes nous emprisonnent et nous empêchent d’écouter Dieu. Nous vivons trop souvent comme si notre vie se réduisait à l’instant présent et au monde présent.

Alors, comment préparer les chemins du Seigneur ? Les moyens pour y parvenir, nous les connaissons : Reprendre la méditation des textes bibliques en particulier, cette année, l’évangile de saint Marc et les lettres de saint Paul, retrouver le chemin d’une prière plus vraie et plus longue, recevoir avant Noël le sacrement de la réconciliation ; et bien sûr, nous n’oublions pas l’Eucharistie qui est source et sommet de toute vie chrétienne et de toute évangélisation. C’est aujourd’hui et tous les jours que le Seigneur vient à nous et nous demande de l’accueillir. Mais dans la seconde lecture, saint Pierre nous transporte vers l’avenir. Il nous rappelle que le Seigneur reviendra. Les premiers chrétiens pensaient que c’était imminent : "Le Seigneur n’est pas en retard pour tenir sa promesse, comme le pensent certaines personnes ; c’est pour vous qu’il patiente : car il n’accepte pas d’en laisser quelques-uns se perdre ; mais il veut que tous aient le temps de se convertir." Et voici la promesse : "Ce que nous attendons, selon la promesse du Seigneur, c’est un ciel nouveau et une terre nouvelle où résidera la justice." En voilà une bonne nouvelle.

C’est de cette espérance que nous avons à témoigner. Cela commence en donnant la première place au Christ dans notre vie. Il n’est pas possible de l’annoncer aux autres si nous ne l’accueillons pas en nous. C’est vrai que notre vie est souvent un désert. Mais justement le Christ veut être présent dans nos terrains désertiques, celui des aridités, des solitudes, des pertes de repères et même parfois celui des désespérances. Mais voilà qu’en ce dimanche, une bonne nouvelle retentit : Le désert va refleurir… On va pouvoir traverser sans danger… Il vient habiter chez nous à condition que nous soyons prêts à l’accueillir. Il est là dans l’Eucharistie que nous célébrons. Il est la source qui vient irriguer nos déserts et faire renaître ce que l’on croyait mort.

D’après diverses sources

Jean Compazieu, prêtre de l’Aveyron (07/12/2008)


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