Paroisse de
    Claye Souilly

 
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Extraits de l’homélie du Père Paul Desfarges, sj
17ième Dimanche ordinaire
samedi 2 août 2008
par Père Paul Desfarges

Et si Dieu nous posait à chacun, dans un songe, la même question qu’au roi Saül : « Que veux tu que je te donne ? », quelle serait notre réponse ? Saül a demandé la grâce nécessaire au bon accomplissement de sa mission et de sa fonction de roi.

Je lui demande souvent, pour ma part, la même grâce que le roi Saül : donne moi un cœur attentif, ou, selon une autre traduction, donne moi un coeur qui écoute. La mission de notre Eglise au Maghreb, en Algérie, est de se faire attentive, écoutante du cœur des personnes, du cœur du peuple auquel elle est envoyée.

J’ai été longtemps enseignant à l’université de Constantine et j’y vivais aussi un service d’écoute des étudiants. J’y étais un peu comme un Père spirituel, attentif aux peines, aux difficultés de ces jeunes, dans un grand respect. Ils me faisaient confidence, j’entendais parfois palpiter le cœur de Dieu aux cœurs des personnes, j’entendais les besoins de Dieu dans les personnes.

Quand j’entendais l’image d’un Dieu, un peu redoutable, dont on n’est jamais sûr s’il nous pardonne et nous accueille, je devenais moi-même, par ma simple présence attentive et accueillante, signe, médiation d’un Dieu Père, dont le Cœur est pardon.

Nous sommes une Eglise pour un peuple musulman et au cœur de ce peuple, notre Eglise est un signe de ce Dieu qui aime ce peuple, comme il aime chaque peuple et pour cela nous sommes un Eglise servante des besoins des personnes. Aussi avons-nous des activités d’éducation, de formation, activités caritatives, autant d’occasions de vivre le ministère de la rencontre fraternelle. C’est en vivant la fraternité que nous faisons signe de ce Dieu Père.

Nous vivons dans un peuple musulman. Il y a certes l’Islam islamiste, radical, politique et c’est vrai qu’il est à l’œuvre. Mais il y a aussi l’islam de beaucoup de gens simples qui est un islam de confiance, d’abandon à la volonté de Dieu. Il y a aussi un islam plus mystique. Je suis maintenant dans un Centre spirituel, et il m’arrive parfois d’être fait témoin de la quête intérieure et spirituelle de personnes, pas satisfaites des prêches trop légalistes et moralisantes de la mosquée, en quête d’une relation à Dieu plus personnelle, plus intérieure. Il me faut demeurer attentif à l’appel de Dieu et au rythme de Dieu dans chaque personne. C’est souvent cette grâce du discernement que je demande dans la prière. Nous désirons être serviteur du travail de Dieu dans les personnes.

Sur ce chemin là de la rencontre, ils nous arrivent d’accueillir des personnes qui désirent connaître Jésus. Cela demande un grand discernement. Dans notre Eglise catholique, nous ne cherchons pas à « convertir » à tout prix. Mais nous sommes si heureux d’accueillir ces clins d’œil du Ciel à travers ces personnes qui désirent devenir disciples. Nous sommes là encore au service du travail de Dieu dans les cœurs. Je pourrais témoigner d’histoires bouleversantes. Avant toute rencontre, Dieu nous a toujours précédé dans les cœurs.

Mais aussi depuis quelques temps maintenant, du fait de ces conversions d’Algériens à la foi chrétienne, et qui se manifestent au grand jour, le gouvernement essaie de limiter et de contrôler tout cela. Les mesures du gouvernement, surtout à travers « l’ordonnance concernant le culte non musulman » touche essentiellement nos frères évangéliques. Ils sont très nombreux en Kabylie où plusieurs lieux de culte ont été fermés. Vous avez dû entendre parler par la presse des difficultés des chrétiens actuellement en Algérie. Il y a un article à ce sujet dans le dernier numéro de « La Vie ». Ces difficultés font partie de la mission. Il ne nous faut pas nous en étonner. Que le Seigneur nous garde un cœur humble et aimant pour sa mission qui est à la fois, rencontre, service, accompagnement intérieur. Dans tous les cas, la mission est d’aider, de coopérer au travail de Dieu dans les cœurs et dans le cœur d’un peuple. N’est-ce pas le travail de l’Eglise en tout lieu et donc ici à Claye-Souilly. Demandons donc la grâce d’un cœur attentif, d’un cœur qui écoute.

Extraits de l’homélie, témoignage du Père Paul Desfarges ( Jésuite )


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